Pour fonctionner, notre cerveau et notre corps ont besoin de carburant, et plutôt de bonne qualité pour marcher durablement. Or note hygiène de vie et le stress sont pointés du doigt comme les responsables de notre mal être. D’abord il a des dysfonctionnements légers, puis les symptômes persistent et finalement c’est la panne. Pourtant il y a eu des alertes, mais savez-vous les écouter ? Pourtant il y a des garagistes, mais ont-ils trouvé l’origine des dysfonctionnements ? Ont-ils tous les bons outils ?
Le contenu de cet article vous plonge à l’intérieur d’un bolide : votre corps.
D’abord vous allez appréhender une mécanique de précision : votre chimie du corps.
Puis vous explorerez le tableau de bord complexe, car sans voyant de contrôle.
Vous allez apprendre à reconnaitre les 1ers signes de défaillance : les dysfonctionnements de votre corps.
Car, en effet, avant la panne il y a des signes avant-coureurs : les symptômes.
Et quand ça dysfonctionne à l’intérieur, c’est toute la machine qui tombe en panne : la maladie.
Ainsi vous pourrez consulter un mécanicien : soit un médecin si c’est déjà la panne, soit un praticien complémentaire pour gérer l’origine de la panne.
Notes au lecteur :
Vous l’avez compris, j’utilise des métaphores qui comparent votre corps à un véhicule. Mes objectifs sont :
- d’aborder un sujet complexe (habituellement réservé aux professionnels de santé) pour un large public néophyte.
- de partager des informations innovantes sur la neurobiologie, encore insuffisamment partagées.
- de vous permettre de percevoir les 1ers symptômes d’un déséquilibre pour réagir.
1. Constats

1.1. Alimentation: c’était mieux avant ?
A l’époque, l’Homme de Néandertal était à l’écoute de la nature, et savait décrypter ses besoins. Il allait dans la nature se procurer de l’énergie avec des fruits contenant du sucre. Il chassait le mammouth pour lui apporter des protéines et des graisses. Manger nécessité un effort mais son environnement lui procurait des aliments sains.
Nous, Homme Moderne, nous avons perdu notre boussole interne liée à nos besoins.
Nous allons faire nos courses au supermarché, et la nourriture est en abondance. Malheureusement la nature des aliments et les qualités nutritionnelles sont différentes.
Un cercle vicieux se met en place, alimenté par : des messages incompréhensibles et une alimentation inappropriée à nos besoins.

1.2. la médecine
L’impact des neurotransmetteurs fait partie du cursus médical. Ces dernières années, les études et découvertes sont nombreuses. Le lien entre pathologie et déséquilibre en neurotransmetteurs continue d’être exploré. Alors même si tous les professionnels de santé sont sensibilisés à ces molécules chimiques, seuls certains praticiens sont spécialisés.
Toutefois consulter votre médecin traitant est primordial.

1.3. Pourquoi en tant qu’hypnothérapeute je vous parle de neurobiologie?
Consulter un hypnothérapeute s’apparente souvent à tenter sa dernière chance quand un symptôme persiste et que la médecine ne l’a pas guéri. Ainsi les motifs de consultations sont identiques : problème de sommeil, anxiété, dépression, poids, douleurs…
L’hypnose permet effectivement d’aborder des causes émotionnelles aux symptômes.
Et grâce à mon intérêt pour la nutrition et les neurosciences j’ai pu constater l’influence de la chimie du corps sur les symptômes. Ainsi j’apporte aujourd’hui une réponse plus globale dans mon accompagnement.
Alors, oui il y a un lien entre votre alimentation, votre chimie du corps, vos émotions, vos comportements et symptômes ou maladie. Explorons cet écosystème.
2. Neurotransmetteurs : késako ?
Étudier la neurobiologie c’est s’intéresser aux neurotransmetteurs.

2.1. Votre cerveau a besoin de carburant
Imaginez votre corps comme une voiture, sophistiquée et performante. Son moteur, c’est votre cerveau, qui orchestre tout : vos pensées, vos émotions, vos mouvements. Pour que cette machine roule parfaitement, elle a besoin de carburant, mais pas n’importe lequel. Ce carburant, ce sont les neurotransmetteurs, des molécules chimiques qui assurent une communication interne efficace. Chaque molécule a sa propre jauge.

2.2. 4 neurotransmetteurs interdépendants
Quatre de ces substances ont un rôle spécifique, mais ensemble, elles assurent l’équilibre et la fluidité du fonctionnement global. Voyons ce que ces substances chimiques permettent :
- La dopamine, est synthétisée le matin. Elle agit par exemple, comme une pédale d’accélérateur pour vos émotions et votre motivation. Elle vous pousse à agir, à vous lever le matin pour accomplir vos projets. Elle permet l’adaptation au stress, la mémorisation.
- La sérotonine, est synthétisée en fin de journée. Elle est comme un régulateur de vitesse : elle calme, stabilise, et vous empêche de faire des excès. Elle permet d’être calme et favorise le sommeil (car précurseur de la mélatonine).
- L’acétylcholine gère votre système d’injection : elle gère les informations. Elle permet d’être motivé, créatif, optimiste, apprendre et mémoriser.
- le GABA est votre frein d’urgence, empêchant votre système nerveux de s’emballer sous l’effet du stress. Il permet d’être calme, sensible, méthodique et logique.
Votre corps est bien fait, et gère le fonctionnement de toutes ces substances chimiques. Mais que se passe-t-il si le carburant de votre cerveau commence à faire défaut ? est ce qu’il y a un voyant de contrôle qui s’allume ?
3. Quand les neurotransmetteurs dysfonctionnent
Lorsque les neurotransmetteurs dysfonctionnent, le cerveau réagit. D’abord il y a des symptômes anodins qui ensuite peuvent s’amplifier. Alors vous consultez.

3.1. Vous êtes équipé de jauges
Maintenant, imaginez le tableau de bord de votre voiture. Il est équipé de différentes jauges pour mesurer le niveau d’essence, d’huile, la pression des pneus, etc.. Quand l’une des jauges baisse, un voyant s’allume pour vous prévenir. Et si vous n’en prenez pas compte … c’est la panne!

3.2. Votre corps est un véhicule sans voyant
Alors oui, votre véhicule a des voyants pour vous avertir d’une carence avant la panne. Pas votre corps ! Alors même si votre corps n’a pas de voyant, votre cerveau vous envoie des messages d’aller « faire le plein ». Savez-vous décrypter les messages envoyés ? Savez-vous de quoi faire le plein ?
Lorsque les jauges des neurotransmetteurs sont en carences, notre cerveau réagit :
- Le cerveau envoie des compulsions alimentaires (aliments gras, sucré ou « anesthésiant ») consulter l’article : Neurotransmetteurs: le cas du poids
- baisse de performances : mémoire, concentration, productivité …
- troubles du comportement : agitation, difficulté d’endormissement, réveils nocturnes, anxiété, addiction …
- troubles de l’humeur : mélancolie, dépression, perte de désir et de motivation

3.3. quand le voyant des jauges s’allume: les symptômes de carence en neurotransmetteurs
D’abord il y a des symptômes qui passent inaperçus dans votre quotidien trépidant. Puis les symptômes s’intensifient et deviennent gênants.
- Une carence en dopamine se traduit par une fatigue au réveil, baisse de motivation et des difficultés à ressentir du plaisir.
- Une baisse de sérotonine se perçoit par une anxiété, irritabilité ou des troubles du sommeil qui peuvent surgir.
- Si l’acétylcholine est en berne votre cerveau fonctionne au ralenti, la mémoire flanche, trouver ses mots est compliqué, et il y a tendance à reporter au lendemain.
- Un déficit de GABA, et le stress prend le dessus, et les signaux d’alarme se multiplient sous forme d’angoisses ou d’agitation, de TOC.
Quand les symptômes passent de gênants à handicapants alors vous consulter. Le réflexe est de consulter son médecin généraliste.
4. Quand les neurotransmetteurs sont déséquilibrés : les motifs de consultations
4.1. 1ère étape: consulter son médecin généraliste
Lorsque le corps dysfonctionne, le bon réflexe est évidemment de consulter son médecin qui réalise un diagnostic médical.
Quand les symptômes sont bénins, et que les analyses médicales sont correctes, le médecin semble prescrire des vitamines, et oligo-éléments.
Dans les formes sévères, le médecin généraliste orientera le patient vers un médecin spécialiste :
- un médecin psychiatre gèrera les troubles émotionnels, et
- un neurologue sera consulté pour des troubles neurodégénératifs.
Et pour rappel, même si la neurobiologie est abordée dans le cursus universitaire, et que les avancées scientifiques sont nombreuses, l’approche qui consiste à analyser les carences en neurotransmetteurs reste complexe (en partie due à la difficulté de réaliser des analyses médicales).

4.2. Une approche innovante avec le Dr E.Braverman
Dans son livre « un cerveau à 100% » le Dr Braverman neurobiologiste développe des concepts supplémentaires pour chacun des 4 neurotransmetteurs.
Chaque individu possède tous les neurotransmetteurs dans son organisme, dont les 4 évoqués dans cet article. Il va plus loin en proposant de catégoriser chaque individu dans un profil de neurotransmetteurs.
Pour chacune des 4 catégories de neurotransmetteurs, il propose :
- un profil intrinsèque de la personnalité,
- un décodage de l’influence du neurotransmetteurs en cas de déséquilibre : sur les comportements, émotions, symptômes bénins, maladies.

4.3. les motifs de consultation
Les motifs de consultations sont ici catégorisés par neurotransmetteurs.
Ces données sont basées sur des études scientifiques ainsi que sur les travaux du Dr Braverman.
- Pour une carence en dopamine :
- Cas bénins : manque d’énergie, fatigue chronique inexpliquée, hyperactivité, manque d’attention, douleurs articulaires, baisse de libido, sautes d’humeur, gestion du stress
- cas sévères : dépression, addiction (liée à la recherche de dopamine), diabète
- Pour une carence en sérotonine :
- cas bénins : troubles du sommeil (insomnie, réveil prématuré), maux de tête, mal de dos, hypersomnie, sensation de boule à la gorge, hypersensibilité, tensions musculaires, absence de plaisir
- cas sévères : dépression, phobie, paranoïa
- Pour une carence en acétylcholine :
- cas bénins : Anxiété, perte de mémoire, difficulté d’apprentissage, problème d’attention, baisse de la créativité
- cas sévères : Maladie d’Alzheimer, Psychose maniaco-dépressive
- Pour une carence en GABA :
- cas bénins : baisse de libido, mains froides, agitation, problème de mémoire, douleur chroniques, mal de dos, maux de tête, palpitations, difficulté d’endormissement, anxiété, troubles de l’humeur, pessimisme
- cas sévères : dépression, pensées suicidaires, TOC
Comme préalablement indiqué, il arrive que certains symptômes persistent malgré une prise en charge médicale. C’est l’occasion pour le patient de consulter un thérapeute alternatif.
En tant qu’hypnothérapeute, je confirme que les motifs de consultations sont identiques, et arrivent souvent dans une 2ème intention lorsque les médicaments montrent leurs limites.
Et pour rappel, ma méthode prend en compte les potentielles carences en neurotransmetteurs ainsi que les aspects émotionnels et psychologiques dans l’accompagnement.
4.4. Comment évaluer les neurotransmetteurs (puisque je n’ai pas de voyant?)
Cas sévère : une solution médicale
Dans des cas sévères un médecin spécialisé peut vous prescrire des analyses médicales spécifiques :
- La dopamine se teste grâce à test urinaire dans un laboratoire spécialisé
- La sérotonine se teste grâce à un test urinaire dans un laboratoire spécialisé
- L’acétylcholine se teste grâce à une prise de sang
- Le GABA se teste par spectrométrie par raisonnance magnétique (SRM)
Cas bénins : une solution d’auto-évaluation
Le Dr Braverman, spécialisé dans les neurotransmetteurs, propose dans son livre « un cerveau à 100% » un questionnaire d’auto-évaluation. Les résultats permettent de donner une tendance sur d’éventuelles carences.
4.5. Qui consulter?
Comme déjà évoqué, dans le §4.1. consulter votre médecin généraliste est le bon réflexe. Il réalisera un diagnostic et vous réorientera vers un spécialiste en cas de troubles sévères.
Vous pourrez, en complément, prendre conseil auprès d’un praticien :
- spécialisé en neurobiologie
- capable d’interpréter le questionnaire du Dr Braverman
- formé en naturopathie
Conclusion
Les neurotransmetteurs sont bien plus que des molécules chimiques : ils sont les garants du bon fonctionnement de votre cerveau et votre corps. Ils interviennent dans des fonctions aussi variées que la régulation des émotions, la mémoire, le sommeil, ou encore la gestion du stress.
Leur équilibre est important, mais les perturbateurs sont nombreux avec nos modes de vie modernes. Lorsqu’il y a déséquilibre ce sont d’abord des symptômes qui passent inaperçus puis qui se font de plus en plus handicapants.
Consulter un médecin est un bon réflexe et peut s’accompagner d’une autoévaluation.
Alors prenez soin de votre « véhicule intérieur » en roulant les voyants au vert.
Je tiens à préciser que mes connaissances sur les neurotransmetteurs sont basées sur des recherches et des lectures personnelles, et non sur une expertise professionnelle approfondie. Cependant, si ce sujet vous intéresse autant qu’il m’intéresse, je serais ravie de continuer à en discuter avec vous et d’échanger nos idées.